Nous aurions du être deux. Le jour de ma naissance. Deux. Deux jumeaux. Une fille et un garçon, en fait. Bon, nous l'étions. Mais elle n'a pas survécu. Ma soeur. Elle est morte quelques heures après sa naissance. Elle avait des problèmes de malformation et on ne lui a pas laissé la chance de vivre. Les soins que les médicomages lui avaient prodigués étaient insuffisants. Elle est morte. J'ai passé neuf mois de ma vie avec elle mais jamais je n'ai eu la chance de vraiment la connaître. Comme quoi même la médecine magique n'est pas suffisante pour sauver ne serait-ce qu'une seule vie. Aujourd'hui encore, je regrette de ne pas avoir connu celle qui aurait du être ma sœur.
Je crois que maman a été dévastée par la mort de Delia - elle s'appelait ainsi. Papa aussi, même s'il avait tendance à moins le montrer. Il essayait d'être fort, parait-il. Il faisait comme si de rien n'était, il cachait sa tristesse. C'est Damon qui me l'a dit. Mon grand frère. Il avait déjà cinq ans lorsque je suis né. Alors même s'il ne se souvient pas de tous les détails, quelques bribes de souvenirs persistent. La perte de ma sieur fut terrible pour mes parents, comme pour moi. J'avais perdu une partie de moi-même. J'avais perdu la moitié de mon âme. Neuf mois avec elle, puis un adieu. C'est tout ce que j'ai eu de ma jumelle.
Je suis issu d'une famille nombreuse. Comme je l'ai déjà dit, il y avait Damon, de cinq ans mon aîné. Avant moi, il y avait également Azalea, deux ans de plus que moi. Et puis finalement, la petite dernière : Elladora, qui avait un an de moins que moi. Je crois que c'est une tradition dans la famille Weasley, les familles nombreuses. Mon père également, avait été élevé avec ses sept frères et soeurs. À croire que notre famille n'a rien d'autre à faire de ses journées que de procréer...
Nous avons le sang pur. Jamais aucun moldu n'a fait partie de notre famille. Ma mère passait - comme la majorité des femmes de son époque - toutes ses journées à la maison alors que mon père travaillait au Ministère de la magie, au département de la coopération magique internationale. Il était fier de son travail, il nous en parlait toujours avec entrain. Et moi, j'étais fier de mon père, de ce qu'il faisait. En fait, je crois que j'ai toujours voulu travailler au Ministère. Pas forcément en tant qu'Auror, ça c'est venu plus tard. Mais le Ministère m'a toujours plus ou moins attiré.
« Tu n'as rien oublié, on peut y aller ? » « C'est bon maman ! J'ai tout ce dont j'ai besoin dans ma valise. » Assis autour de la table de la cuisine, j'observais mon frère et ma mère parler. C'était le grand jour. Pour Damon. Il allait entrer à Hogwart. Moi aussi, j'avais envie d'y aller, comme lui. J'avais envie de commencer mes études de magies, de devenir un grand sorcier. Comme mes parents. J'enviais mon frère. Il pouvait enfin y aller, voler de ses propres ailes. J'avais encore cinq ans à patienter pour que ce soit mon tour. Mais mes pouvoirs n'avaient pas encore fait leur apparition. Jamais encore il ne s'était passé quelque chose de magique autour de moi. Et si j'étais Cracmol ? Non c'était impensable. Je tenais trop au monde magique pour ne pas avoir de pouvoirs magiques... Mon paternel me répétait toujours qu'il me fallait attendre, que ce serait bientôt mon tour. Pourtant, je ne pouvais m'empêcher d'angoisser.
« Allez-y alors. » Maman prit Damon dans les bras, lui murmurant à quel point il allait lui manquer. Puis nous partîmes. Papa, Damon et moi. J'avais souhaité les accompagner. Je voulais voir à quoi ressemblait ce fameux quai 9¾ et le Poudlard Express également. J'étais curieux de tout, je voulais tout savoir sur le monde magique, sur l'école. Et j'avoue que ma curiosité pouvait être irritantes pour certains.
« C'est ça, le Poudlard Express ? » Damon soupira et se retourna vers mon père :
« Tu veux pas le ramener à la maison ? » Damon et moi, on s'entendait bien en général, malgré notre différence d'âge. Bon, j'avais souvent tendance à lui taper sur les nerfs avec mes questions. Mais on s'adorait, au fond. Et on aimait se charrier, comme tous les frères. Nous étions les deux seuls garçons de la famille ; il fallait bien que l'on se soutienne. Par ailleurs, j'avais beaucoup de mal à m'entendre avec Azalea, tout comme le reste de la famille. Elladora et moi par contre, nous étions inséparables. Peut-être remplaçait-elle Delia à mes yeux. Nous n'avions qu'un an de différence ; elle était celle dont j'étais le plus proche.
Lorsque je rentrais ce soir-là, j'avais des étoiles plein les yeux. Plus que tout, je voulais aller à Hogwart. J'avais hâte d'obtenir mes pouvoirs. Et je ne fut pas déçu ; quelques mois plus tard, ils firent leur apparition.
J'étais allongé dans la salle de séjour, j'écrivais. Comme souvent. Je n'avais que onze ans oui, mais j'avais développé une réelle passion pour l'écriture. La plupart de mes journées étaient partagées entre le Quidditch et l'écriture. C'était mes passes-temps préférés à vrai dire et aujourd'hui, c'était pareil. Maman s'approcha de moi.
« Un hibou vient d'arriver pour toi. » Elle me tendait une lettre. Je m'en emparais et un sourire pris place sur mes lèvres alors que je découvrais l'enveloppe. Hogwart, enfin. J'y étais admis. À partir du mois de septembre, j'aurais enfin le droit d'utiliser une baguette, de faire de la magie. Ce n'était pas trop tôt !
Mon arrivée à Hogwart. J'ai immédiatement été séduit par le plafond magique de la Grande Salle, par l'environnement de l'école. C'était un lieu parfait. Parfait pour moi. L'heure de la répartition. Je ne savais pas où j'irais. Mes parents étaient persuadés que j'allais aller à Hufflepuff, comme Damon - qui était préfet, cette année. Azalea quant à elle, était à Slytherin.
« La première depuis six générations » avait dit papa. Et c'était vrai : cela faisait bien longtemps qu'un Weasley n'avait pas fini là-bas. J'attendais. J'entendais les noms avant mois. Weasley. W. J'étais dans les derniers. Lorsque ce fut mon tour, je montais sur le tabouret, on posait le Chapeau magique sur ma tête. Le verdict ne fut pas long à attendre : mes parents avaient eu raison. Hufflepuff était la maison la plus apte à m'accueillir. Il paraît que je possédais toutes les qualités pour y entrer. Un ami loyal, un ami parfait. Parait-il. C'était ainsi que tout le monde me voyait. J'étais loyal. Et c'était la qualité qu'Helga Hufflepuff appréciait le plus.
« C'est qui ? » « Ophelia Avery. Ne t'en approches pas, elle est pas nette. Te fies pas à son sourire ; elle est cruelle. Ce n'est pas une Avery pour rien. » Pourtant, elle était étrangement belle. Même plus que belle. Elle était magnifique. J'avais envie de faire sa connaissance, d'aller lui parler. Malgré ce que tout le monde me disait d'elle. Je n'aimais pas juger. Il fallait que je parle avec les gens pour me faire moi-même une idée d'eux. Et l'occasion se présenta. On avait plusieurs cours en commun. Et elle était seule, en Défense Contre les Forces du Mal. Alors, je me suis approché d'elle, je me suis assis à côté. Et honnêtement, de près, elle était encore plus jolie. Le coup de foudre ? Peut-être pas. Mais j'avoue que j'ai tout de suite été physiquement attiré par elle.
« Ennuyeux ce cours, tu trouves pas ? » Elle tourna la tête vers moi et m'adressa un sourire - magnifique, ce sourire.
« Et comment... » Je ne voyais pas pourquoi tout le monde la décrivait comme cruelle, comme apathique. Avec moi, elle ne l'était pas. Elle ne s'est pas montré aussi hostile qu'on me l'avait dit. Ophelia, je l'ai tout de suite trouvée jolie, je me suis tout de suite entendue avec elle. Il y avait une sorte de complicité entre nous. Tout de suite, j'ai senti qu'il pourrait y avoir quelque chose. Et je ne m'étais pas trompé. Le soir même, je quittai mon dortoire pour rejoindre Ophelia. Le soir même, nos lèvres se rencontrèrent. Et on est sortis ensemble, ce qui a surprit tout le monde. Mais Ophelia, j'en étais fou. Au début, ce n'était peut-être que physique. Mais j'étais réellement tombé amoureux d'elle. Personne ne me comprenait, aucun de mes amis n'appréciait Ophée. À vrai dire, je n'en avais rien à faire. Je l'aimais.
« C'est fini, Max. » Elle m'avait donné rendez-vous. Elle voulait me quitter. Elle disait qu'elle ne m'aimait plus ; je n'y croyais pas. Je ne pouvais pas y croire. Elle me soutenait pourtant A + B que c'était le cas. Je ne voulais pas. Je l'aimais, je la désirais plus que tout. Cela faisait longtemps que nous étions ensemble. Elle ne pouvait tout de même pas me quitter ainsi, non ?
Pourtant si. C'était fini. « Je te l'avais dit. » C'est tout ce que mes amis m'ont dit. J'aurais du me méfier d'elle ; je n'aurais jamais du sortir avec elle. Tout simplement : jamais je n'aurais du faire sa connaissance. Pourtant, je ne le regrettais pas. Jamais. Ophelia me manquait. Et j'étais prêt à faire n'importe quoi pour la retrouver.